Cela fait 2 jours que nous nous reposons à Salta et pourtant nous sommes plus fatigués qu'à notre arrivée.
Nous avons prévu une petite étape, nous laissant ainsi le temps d'aller visiter le musée d'archéologie de haute montagne. On en ressort chamboulé de l'histoire des 3 enfants du volcan (el niño, la niña y la doncella) sacrifiés au sommet du volcan Llullaillaco à 6739m d'altitude. C'était il y a plus de 500 ans, mais les températures ont permi la conservation des momies désormais exposées au musée. Le volcan est le site archéologique le plus élevé du monde et y accéder avec les moyens de l'époque force notre admiration. On en apprendra un peu plus sur l'empire Inca qui s'étendait du sud de la Colombie à l'actuelle Santiago du Chili avec sa capitale au Machu Pichu au Pérou. Les muscles et les articulations se rappellent à notre bon souvenir alors que nous reprenons la route pour quelques heures, histoire de sortir de la ville et d'alléger les jours suivants qui nous mèneront jusqu'à San Antonio de los Cobres à 3750m d'altitude. Nous remontons el valle del río Rosario jusqu'à El Alisal, un hameau constitué de 3 maisons, 1 église et une gare.
Le lendemain, les premiers 20km sont agréables et le vent est aux abonnés absents.
A midi, changement radical, vent de face chaud et sec. Les 40kms restants sont une épreuve et de mauvaise augure pour le lendemain. Les paysages restent magnifiques et nous poserons le bivouac dans le parc du village de Tastil à 3100m.
Le vent souffle fort et il est bien difficile de trouver un abri convenable. A 21h, un local sur sa moto viendra nous saluer alors que mangeons réfugiés sous le porche de l'église. Il nous conseillera de déplacer notre tente par crainte des chutes de branches. Pffiiuuu... Oh non, la flemme, ça va être super compliqué de démonter avec ce vent. En plus, l'endroit qu'il nous propose est près de la route et le sol semble bien dur pour nos sardines. On finit de manger et en rentrant à la tente fortement malmenée, on s'aperçoit que celle ci est déchirée sur près d'1m50... Une réparation au scotch suffira pour la nuit mais on a désormais un problème à résoudre. La nuit est très agitée, le vent souffle de plus en plus fort, nous pliant parfois la tente sur la tête. Heureusement, les arbres tiennent bon mais à 6h30, nous décidons de tout plier et de nous abriter à l'église. Pendant le démontage, une rafale plie la tente en deux, tordant un arceau. Pour Mathieu, c'est un peu mieux, il est très proche de l'église et un peu mieux abrité mais ce ne sont pas les branches qui le menacent mais les tôles du toit heureusement bien fixées.
Comme nous sommes tous bien réveillés, nous partons au lever du jour pour 60km qui s'avèreront être les plus durs de notre parcours. On commence par 36km d'ascension jusqu'au col d'Abra Blanca à 4080m.
Le vent nous impose des zigzags et parfois nous sort de la route. On fera quelques passages en poussant. Deux rares virages nous donnent le vent à faveur et il nous faudra 6h30 pour passer le col et enfin attaquer la descente tant attendue...
Au moins, en descente, on ne pousse pas mais il faut forcer pour avancer.
On trouve un bref abri pour grignoter dans les ruines d'une gare, le temps de se demander si l'on plante le bivouac ici et passant notre première nuit glaciale à 3950m où si l'on joue le tout pour le tout et tentons de rejoindre la ville sachant qu'il n'y a pas d'autres abris avant. On choisit la seconde option et on laissera toutes nos forces pour compléter l'étape en 10h pour 60km.
Nous sommes cuits. On trouve un petit hostal qui nous laisse accès à la cuisine. On souhaite y passer 2 nuits de récupération. La journée a laissé des traces, le soleil a tapé très fort et s'y ajoute l'altitude. Nico ne dormira pas bien et l'on cherchera de la coca au marché local. D'autres touristes iront prendre 10min d'oxygène au centre de santé.
Au marché d'artisanat, une potière se propose de nous recoudre la tente pour nous sortir de la panade. Le rdv est pris pour la récupérer le lendemain matin.
Aujourd'hui c'est Raquel qui avait echappé à tous les virus depuis 4 mois qui se retrouve avec un rhume. Nous décidons de repousser d'un jour notre départ. Nous passons par l'atelier de poterie où nous retrouvons une tente plus solide qu'à l'initial.
Elle a vraiment bien travaillé en plus à la main, mais ne souhaite pas d'argent, estimant plus avoir rendu un service que fait un travail. On lui laisse l'équivalent de 10e pour sa générosité. L'autre option aurait été de lui acheter de la poterie mais en ce moment, on fait gaffe au poids !
On profite de la journée pour marcher un peu et voir San Antonio depuis le haut du chemin de croix.
Raquel bien maladoune ira faire une sieste, ratant le concert du samedi des jeunes du village.