Dernier petit déjeuner digne de ce nom à San Pedro. On se gave de vraies baguettes, beurre, confiture, bien conscients que les prochains jours seront plus sobres. Nous avons dans nos saccoches, 5 jours d'autonomie. Pour l'eau, on demandera en chemin. Entre les postes frontières, les refuges et les jeeps de touristes, on devrait avoir de quoi faire. Hier, nous avons rencontré 2 jeunes français qui montent aussi au Sud Lipez. Rendez-vous fut pris pour un départ à 8h. On reçoit un message disant qu'ils auront du retard et qu'on a qu'à commencer sans eux. Le parcours prévisionnel du jour consiste à partir de San Pedro d'Atacama à 2400m d'altitude et de monter au paso Hito Cajon à 4600m en 46km dont les premiers 14km de plat. Nous avons une contrainte, il faut passer avant 16h, sinon les Chiliens ne nous laisseront pas descendre en vélo en Bolivie pour rejoindre le premier refuge. On part donc l'heure dite et avalons les premiers kms de plat. Voilà enfin la montée que l'on apercevait et redoutait depuis San Pedro. On doit maintenant affronter du 6 à 7%. Ca peut paraître faible, mais avec le chargement et l'altitude qui grimpe en flèche, on souffre.
Ce n'est pas parcequ'on a déjà passé des cols à 4500m que l'on est totalement acclimaté et Raquel se sentira à court de souffle. Les 2 français en profitent pour nous doubler et nous leur conseillons d'avancer à leur rythme. Malgré des pauses régulières et tout à gauche, Raquel se sent de plus en plus mal. Deux options s'offrent à nous : redescendre les 28kms et 1300m de dénivelé ou s'arrêter ici pour la nuit. On décide de planter le bivouac dans un lit de rivière asséché à l'abri du vent.
On croise les doigts pour que son état s'améliore durant la nuit. Dommage de ne pas avoir acheter de feuilles de coca à San Pedro...
Alors que l'on se repose, nous entendons des voix en provenance de la route. Il s'agit d'un couple de cyclos bulgares qui se dirigent vers l'Argentine. Eux, n'ont pas les développements adaptés à la montagne et poussent leurs vélos. Le plus important à leurs yeux n'est pas l'exploit sportif mais plutôt de profiter pleinement du voyage.
À 3600m, on se couche et on se lève avec le soleil. En cette période de l'année, on se fait 13h de position horizontale dans le duvet. C'est parfois très long surtout que le froid ne motive pas à sortir du duvet pour aller aux wc.
Après cette grosse nuit, Raquel se sent mieux et nous terminons notre ascension sans encombre malgré le record d'altitude battu ce jour là (4675m).
Le poste frontière chilien est flambant neuf et ils sont un peu tatillon concernant les papiers des vélos que nous ne pouvons fournir. Il faut dire qu'à chaque passage frontière, la procédure n'est pas appliquée de la même manière. Ils nous laisseront toutefois passer après présentation d'une photo du document.
Aurevoir Chili et son goudron et bienvenue en Bolivie et ses chemins tanneurs de fesses.
Les installations boliviennes sont très vétustes, mais le passage à la frontière ne pose aucun soucis. Notre arrivée en Bolivie est synonyme de froid et de vent glacial et l'on arrivera congelé au refuge de haute montagne qui l'est tout autant.
Aucun chauffage, pas d'eau courante à cause du gel qui a détruit les installations. On passera l'après-midi au soleil derrière les vitres pour essayer de gagner quelques degrés. On fera la connaissance de Jimmy et Élisabeth, un couple colombien qui voyage sur une moto bien (trop) chargée. L'état de la piste et plusieurs chutes ont causé des dégâts qu'ils leur faut réparer avant de passer au Chili. Ils leur manquent aussi des papiers pour la moto. Tant pis, ils devront retourner à Uyuni à près de 7h de trajet. Elle, en jeep avec tous leurs bagages et lui, seul sur la moto. La veille, après une chute de nuit, ils ont établi le campement dans le froid. Malgré leurs 6 couches d'habits, leur équipement de camping non adapté leur a fait frôlé l'hypothermie. Dans le parc national, les températures nocturnes tombent facilement en dessous de -15c.
Alors que nous discutons avec les colombiens, 2 cyclos en ultra légers arrivent. Il s'agit d'un suédois et d'un australien. Alors que nous chargeons chacun 25kg d'habits, d'eau et de nourriture pour 5 jours, eux n'en ont que 10kg et quasi rien d'autonomie. Ils nous donnent froid rien qu'à les regarder en cuissard court. Ils viennent au refuge pour manger quelque chose car ils n'ont pas de réserve. On ira leur faire la traduction car ne parlant qu'anglais, ils n'arrivent pas à communiquer. Après un bon steak de lama, ils font le choix de partir dormir près de la laguna blanca. Franchement, le vent glacial ne nous donne absolument pas envie de tenter l'expérience et la taille de leur duvet me paraît bien petite au vu des températures locales.
Cette nuit, nous dormirons avec les colombiens dans le dortoir. Il n'y gêlera pas, mais nous sommes contents d'avoir nos duvets en plus des couvertures.
L'avantage de dormir en refuge, c'est que l'on n'attend pas que le soleil réchauffe la tente pour sortir et il est 8h quand nous quittons le refuge toutefois bien couverts de nos habits les plus chauds.
Il y a un peu de vent mais nous descendons sans encombre jusqu'au passage entre les lagunas blanca et verde.
On aperçoit au loin les deux tentes des cyclos téméraires. Rien ne bouge, ils doivent hiberner dans leurs duvets. Quand à nous, une petite surprise nous attend dans ce paysage grandiose. Il y a un ruisseau congelé qui relie les deux lagunes et il nous faut le traverser, de préférence sans tomber.
Examen d'équilibrisme réussi pour tout le monde, nous remontons désormais par la piste principale.
Ce n'est pas l'heure de pointe et nous sommes en basse saison mais les jeeps qui passent nous soulèvent des nuages de poussière qui n'aident pas notre respiration déjà éprouvée par l'altitude.
Bientôt, nous sommes seuls, les paysages sont justes magnifiques et bonus fort agréable, le vent tourne et passe à faveur.
Après 45km, nous arrivons aux thermes de Polques, petit hameau où coule une eau à 37c où il sera plus facile de rentrer que de sortir.
Nous choisissons de nouveau de loger en refuge. Ici la demie pension nous coûte environ 9e par personne, il serait dommage de s'en priver d'autant que pendant ce temps, on ne touche pas aux réserves de nourriture.
Nos 2 cyclos ultra léger arrivent. Ils ont dormi tout habillés avec doudoune et ont pu sortir de la tente vers 9h. Couchés à 18h, levés à 9h, 15h dans le duvet... Je suis content de notre choix.
Nous faisons de nouveau les traducteurs, ils ont très faim et souhaitent dîner dans notre hostal mais dormir derrière le bâtiment. Ici, tout est possible et la propriétaire accepte tout naturellement. Pendant qu'ils se baignent aux thermes, un coup de vent emporte les habits de l'un d'entre eux dans la lagune toute proche. Contrairement à nous, ils n'a pas suffisamment d'habits en double (voir triple), il va devoir dormir avec nous dans le dortoir faute d'habits secs suffisants pour braver le froid.
Le lendemain, il fait beau et pas de vent.
Nous avons 25km jusqu'au point haut du parc national, les geysers à 4934m. Là haut, deux possibilités, continuer 25km pour rejoindre la laguna Colorada ou dormir aux geysers pour voir le geyser "sol de la mañana", bien plus actif au petit matin. La perspective de dormir à quasi 5000m ne m'enchante guère. Je n'ai pas du tout envie d'avoir froid. Nous verrons bien sur place.
Le beau temps ne dure qu'un temps et au détour de la montagne, nous prenons le vent pleine face. Ça monte doucement et la piste est plutôt bonne mais le vent nous soulève des nuages de sable. On n'y voit alors plus rien et on n'est obligé de s'arrêter pour se couvrir la bouche. A un moment, une bourrasque est telle, qu'une jeep, 200m derrière nous, fera une sortie de route.
Les prévisions météo indiquent que le vent va forcer dans l'après-midi, ça n'annonce rien de bon au sommet. Pourtant, nous arrivons enfin aux geysers ou plutôt des fumeroles (mais c'est moins vendeur).
Le site est très actif et cela se manifeste de manière différente. Parfois vapeur, parfois boue qui éclate en grosses bulles ou encore des vasques bien plus liquides qui bouillonent.
On s'émerveille de ce spectacle tout nouveau pour nous, puis notre ventre nous propose de pique niquer. Nous trouvons un petit abri du vent susceptible d'accueillir les 2 tentes et tout ça à une vingtaine de mètres des fumeroles. Pendant le repas, on étudie les possibilités et au vu des 22kms en 5h de gros efforts, il ne reste qu'un choix possible, camper ici à la hauteur du Mont Blanc et espérer ne pas avoir trop froid.
On profite du temps de soleil restant pour se balader sur le site et bientôt celui-ci nous est complètement dédié. En effet, les quelques jeeps de tourisme redescendent vers les lieux d'hébergements. Nous préparons le dîner et déjà le soleil se couche, laissant place au froid et à un petit vent. Nous finissons de manger et à 19h, nous sommes dans les duvets. Cette nuit, je dors avec double paire de chaussettes, pantalon thermique et pantalon de froid, tee-shirt manches longues et pull, buff et bonnet. Ma bouteille d'eau reste avec moi dans le duvet, Raquel la laisse dehors.
Au bout d'une heure, le vent s'arrête. On entend plus que le souffle du puissant geyser (comme une grosse cocotte minute). La température ne semble pas baisser et nous avons parfois même une odeur de souffre qui arrive jusqu'à nous. J'aurais chaud. Au petit matin et faute de thermomètre, nous estimons qu'il ne doit pas faire moins de -3c car la bouteille de Raquel commence juste à geler. Nous avons du être protégés du froid par la vapeur du site.
Pas de vent, pas de froid, le site pour nous, le jour qui commence à se lever, décidément on a beaucoup de chance.
Nous profitons de ce moment et prenons le petit déjeuner au soleil. Au moment de plier la tente, le vent refait son apparition et le froid aussi.
Nous repartons pour une courte section en profil descendant (25km). La piste est de mauvaise à très mauvaise et tantôt sablonneuse, tantôt caillouteuse.
C'est dur et le vent nous envoie des nuages de sable. La descente se fait à petite vitesse et nous amène près de la laguna Colorada.
Nous sommes épuisés, il nous reste 5kms en faux plat montant, vent de face sur une piste bien pourrie jusqu'à un petit hameau composés de petits hostals, de tiendas avec plus d'alcool que de nourriture et... un billard-tienda-discothèque !
Nous sommes accueillis à l'hostal par le seul local équipé d'un vélo. Wally dit qu'il est le seul fou du village.
Depuis notre entrée en Bolivie, nous lisons dans ioverlander que les cyclos peuvent manger les restes des autres tables de touristes. Pas de chance, nous sommes en basse saison et les groupes sont rares et quand y en a, ils ne laissent pas grand chose. Ce matin, surprise ! On salive devant les 3 pancakes laissés sur la table d'à côté. Nous n'avons pas pris la formule petit déjeuner mais Raquel se dépêche vite de les récupérer avant l'arrivée de la propriétaire. Ils sont meilleurs quand ils sont volés !!
Nico, politiquement correct, avouera le crime et laissera un petit pourboire en dédommagement.
Notre ami Wally, nous sert de guide pour sortir plus rapidement et atteindre la laguna Colorada par les pistes les moins mauvaises. Ça faisait longtemps que l'on ne dépassait pas les 8km/h !
La laguna est magnifique et le vent de la veille a bien remué ses eaux, laissant sortir sa couleur de manière plus intense. Les flamants roses sont très nombreux et ne semblent pas gênés par les eaux glacés.
Nous remontons maintenant vers la sortie du parc national Eduardo Avaroa mais derrière nous, le ciel se charge ne laissant rien présager de bon. Est-ce de la pluie ou de la neige ? Le garde-parc est formel, c'est de la neige. On lui demande alors on l'on peut trouver refuge. Il nous conseille de poser la question aux employés de la mine voisine. Ceux-ci, après un premier contact assez froid, nous logerons dans un dortoir pour quelques bolivianos.
À notre surprise, dans cette mine de borax en cessation d'activité où seuls subsistent 2 agents d'entretien, on aura du wifi durant les 3h où le groupe électrogène est en fonction. On ne s'en rendra compte que les 15 dernières minutes... Ça sera le seul accès internet durant 15 jours.
Aujourd'hui, nous sommes contents car on va retrouver la civilisation et avec elle, des produits frais. Cela fait maintenant une semaine que l'on ne mange que des produits sous plastiques ou des conserves. Pas la moindre trace de fruits ou de légumes dans cette région isolée de Bolivie.
Nous sommes doublement content car on commence à redescendre à 4000m. Cela s'annonce facile mais c'est sans compter l'état désastreux de la piste. Sable et pierre et plus de pierres que de sable, coûtera une chute à Raquel, heureusement sans gravité.
Enfin le premier vrai village, la terre de toutes les promesses. Et surtout du poulet frit ! Ça fait désormais 2 jours que Nico rêve de ce plat remplaçant ainsi le riz ou pâtes avec sauce tomate et thon. D'ailleurs, à l'hostal, il ne manque pas de signaler que l'on préfère les spécialités locales que notre désormais quotidien italien. Le message sera entendu et le soir nous dégusterons une soupe de légumes puis un steak de lama et quinoa. Nous rencontrerons des compatriotes français et espagnols qui parcourent le Sud Lipez en 4x4.
Quand aux autres illusions, légumes, fruits et wifi, elles se feront attendre. Tant pis, ça sera demain à Alota...
On nous a dit que maintenant la piste était bonne quoique un peu sablonneuse par endroit. On va de nouveau faire le constat que les 4x4 n'ont pas les mêmes contraintes qu'un vélo chargé. C'est difficile mais au moins on avance.
Sur cette section, ce sont les rochers qui sont à l'honneur et nous arriverons à pique niquer dans des formations rocheuses aux milles formes.
Très étonnant dans cette univers sableux de retrouver même des ruisseaux.
Seul bémol depuis ce matin, un chien nous suit. Les kms s'enchaînent et ce n'est qu'au quarantième que son propriétaire viendra le récupérer.
Plus qu'une descente toute aussi sablonneuse et nous voilà dans la plaine humide d'Alota où paturent des dizaines de lamas accompagnés de nombreux oiseaux. Nous profiterons de la présence d'eau pour enfin rincer nos vélos qui ont bien soufferts du Sud Lipez.
A l'hostal, vidé de sa propriétaire, nous retrouvons une tête connue. C'est Johannes, un cyclo allemand que l'on avait croisé dans la rue à San Pedro il y a plus d'une semaine. Lui, avec 2 jours de décalage sur nous, n'a pas échappé à l'épisode neigeux et a du se faire prendre en stop par un véhicule.
Nous célèbrerons nos retrouvailles au seul resto du coin avec 2 bouteilles de vin bolivien qui on l'espère ne laisseront pas de traces pour l'étape du lendemain jusqu'à San Agustín.
À la sortie de la ville, un homme attend au bord de la route. En discutant, nous apprenons que c'est le dentiste de la zone. Il fait une permanence de 25 jours dans les villages de l'altiplano avant de rentrer 5 jours chez lui à Sucre et ce, depuis 12 ans. Toutefois son travail de sensibilisation aux méfaits de la surconsommation de sucre et l'hygiène dentaire est primordial comme on a pu le constater.
Nous remontons désormais une rivière en fond de canyon, bordée de champs de quinoa.
Ici, les gens vivent de manière très austère. Leurs seules ressources sont les lamas et le quinoa. Nous assisterons d'ailleurs au dépeçage d'un lama en bord de piste.
Dans la montagne, il y a des murets en pierre qui dessinent des formes. La question demeure concernant son utilité, délimitation ou pétroglyphes ?
2 jeunes à moto nous doublent en nous annonçant 20 minutes de pure descente. 3h plus tard, nous arrivons sur la place du village où l'agent du recensement nous donne la bienvenue. Nous sommes en période pré électorale et il a pour mission d'inscrire les gens sur les listes électorales. Comme il n'y a personne, il passera l'après-midi avec nous à changer le monde. Nous apprendrons beaucoup sur la Bolivie grâce à lui.
La prochaine étape, c'est San Juan que les garçons estiment aux portes du salar d'Uyuni. Comme à chaque fois, on se renseigne sur les conditions de la section suivante avec l'espoir que l'on nous dise que cette fois c'est presque du goudron. D'après notre hôte, la piste est bonne quoique peut être un peu sablonneuse dans la descente...
La chanson du jour : vamos a la playa oh oh oh oh oh!!
Les champs de quinoa qui bordent la piste sont en sable et le vent l'a bien déplacé sur notre chemin.
C'est dur, on pédale dans la semoule et parfois on pousse.
Enfin San Juan et à l'entrée du village, on fait quelques courses pour le pique nique à l'almacén touristique. L'almacén est aussi un arrêt des tours opérateurs en jeep qui font Sud Lipez et Uyuni. Nous serons l'attraction des groupes de touristes en grande majorité français.
Un petit tour de ville nous emmène devant un hostal. Son propriétaire nous annonce un tarif plus cher que d'habitude. Après une petite négociation et baisse de prix vient la visite du lieu. On comprend alors la raison du surcoût... Notre premier hostal de sel !
Cool, aujourd'hui on va au salar d'Uyuni, une étape clé de notre voyage, ça fait longtemps qu'on en rêve ! Allez quelques kilomètres et on y est. Ah ben, non dis donc, j'ai mal lu l'échelle, c'est à 40...
Oh qu'elle est difficile cette piste. On regrette de ne pas avoir pris les cuissards de vélo. On se trompe de quelques centaines de mètres et on se retrouve devant la caserne militaire Antofagasta (région perdue dans la guerre contre le Chili). Là, 3 jeunes recrues qui terminent bientôt leur service, vident leur sac quand aux conditions difficiles dans lesquelles ils ont vécu durant 1 an.
Le vent se lève, il commence à faire frais et à la fin du pique nique, on se demande si l'on fait 40kms de billard de salar jusqu'à l'île d'Incahuasi ou si l'on s'arrête afin d'en profiter pleinement le lendemain.
C'est le choix 2 qui l'emporte et nous dormirons dans notre deuxième hostal de sel en mangeant empanadas de verduras et quinoa.
Ce coup ci, c'est pour de vrai, et nous voilà tous les 4 à rouler sur cette étendue blanche à perte de vue.
Première impression, ce n'est pas du billard et en plus les premiers kms sont particulièrement humide, nous saupoudrant copieusement les vélos. Deuxième impression, la calamine ou tôle ondulée est bien présente dans le salar.
On va avoir le temps d'apprécier ces 40kms heureusement magnifique et inoubliable. L'on tente nos premières photos en trompe l'œil et enfin on arrive à quelques résultats.
Ca y est ! On commence à apercevoir les nombreux cactus de l'île, mais c'est encore loin. Ce qui est fou dans cet univers, c'est la perspective des distances très trompeuse.
Alors que nous n'avons vu que 2 véhicules depuis ce matin, à notre arrivée, des dizaines de jeeps sont alignées. Au programme des tours opérateurs, pique nique à Incahuasi et les guides préparent les tables. Certains ont des tonnelles et des chaises longues.
Nous profitons d'une offre spéciale cyclo qui nous permet de visiter l'île au tarif des boliviens mais aussi de passer la nuit dans une pièce du musée, une première ! Nous y dormirons à 5 avec Carlos, un cyclo équatorien. C'est une mine d'informations et l'on en apprendra sur les pratiques de lobbying dans la jungle. Après pétrole contre nourriture, voici exploitation pétrolière contre coca-cola...
Sans le savoir, nous sommes sur l'île la veille de la fête du nouvel an andin (an 5527). Le lendemain, au lever du soleil, une cérémonie aura lieu aux premiers rayons pour demander bonne récolte et santé à la Pachamama. Ils seront nombreux en tenue traditionnelle et il y a même une scène de concert.
On dit aurevoir à nos 2 amis de voyage qui eux vont à la ville d'Uyuni afin d'y prendre un bus pour la Paz.
Nous partirons sur un salar plus roulant que la veille avec en ligne de mire le superbe volcan Tunupa (5432m).
Au bout de 40km plein nord, nous arrivons à Tolhua où nous l'on retrouve les premiers fruits et légumes après 15 jours. En effet, jusqu'à présent, dans les précédents villages autour du salar, seul un camion passe deux fois par semaine pour vendre en direct. Les épiceries n'en achètent pas pour la revente car c'est trop difficile à conserver.
Pour changer des sandwichs du midi, on s'offre le luxe d'un déjeuner dans un comedor (petit restaurant familial). Cela nous coûtera 5e pour tous les 3 avec soupe, plat et mandarines.
Notre destination du jour est Salinas, la capitale du quinoa, et il nous faudra contourner le volcan pour y parvenir.
On dit aurevoir à nos derniers kms de piste car à partir de Salinas, on retrouvera le goudron tant attendu.
Nous passerons 2 jours à Salinas pour soulager nos fesses mises à rude épreuve ces 15 derniers jours, enlever la poussière de nos habits et rincer bien consciencieusement nos vélos couverts de sel.
Toujours pas de wifi, mais enfin des légumes et des fruits :-)! Pas de scorbut pour nous !
Le goudron tant rêvé est là et tient toutes ses promesses.
Nous avons pu parcourir 145km en 2 petites journées de vélo. Ici le produit roi est la quinoa, tous les champs lui sont dédiés et jusqu'au cratère de météorite !
Ça fait du bien et ça nous amène jusqu'aux premières vraies villes avec leurs marchés remplis de produits de la sierra (plaine amazonienne).
On se régalera de fruits, ananas, papayes, maracuyas, etc....