Aujourd'hui on le prend cool en démarrant par un petit déjeuner typique avec du maté, la boisson nationale.
Il est 13h quand nous quittons la Posada sous les bénédictions et après quelques photos avec eux. La proprio fera même une vidéo de nous chargeant les vélos pour la mettre sur son site Internet. Nous voilà au centre ville et pendant que Raquel fait les courses, j'attends à l'extérieur du Carrefour car oui!, Il y en a jusqu'en Argentine... Après 20 minutes d'attente, je sens mon ventre qui fait des choses étranges... Que fait Raquel, là tout de suite, j'aimerai quitter la surveillance des vélos pour trouver un wc... 10 min plus tard qui m'ont paru une éternité, là voilà les bras chargés. Elle voit à ma tête que quelque-chose ne va pas. Je rentre dans Carrefour et le vigile bien sympa qui devait me voir me tortiller derrière la vitrine, me donne la clé du bonheur. Ouf, ça va mieux (pour le moment).
Courses faites et chargées dans les saccoches, nous repartons vers le Sud. Pas de bol, au sud, y a aucune route qui rejoint la nationale 3! Un policier nous indique une route en construction avec un grillage à passer mais qui devrait nous éviter 15km de détour. On prend cette option et on rejoint la N3 ou nous pique-niquerons sous les coucous et klaxons des véhicules. C'est fou ce que des vélos chargés attirent la sympathie.
Nous avançons sous la chaleur et le soleil, de mémoire de la gérante de la Posada, en 30 ans, elle n'avait jamais vu ça. C'est vrai qu'on a plutôt envie d'aller se baigner. On hésite même à planter la tente près de la plage mais le ciel qui se charge nous impose plutôt quelque chose d'abriter. On avance donc de quelques km et on s'aperçoit qu'il y a un autre cyclo qui nous suit au loin. On l'attend devant une Estancia, ces énormes fermes de plusieurs centaines de Km2. Surprise ! C'est Romain, un Français qui nous demande si nous aussi on va au camping. Camping ? Quel camping ? En fait, il y a une application que tout le monde sauf nous connaît et qui est devenue la bible du nomade, l'ioverlander. Elle contient tous les spots de campings sauvages ou non ou dans ce cas particulier, les personnes qui accueillent les cyclos. On découvre alors l'Estancia de Thomas, de grand père Béarnais et de grand mère du pays basque espagnol. Il nous amène tous les trois à une cabane avec poêle à bois et deux lits superposés. Un peu plus loin, des douches chaudes et des wc. Quel luxe ! Le deal, laisser propre, déposer un peu bois pour les suivants et rendre la pareille une fois chez nous. L'option cabane en dure est ideale, d'autant que le ciel confirme son allure menaçant et nous gratifie d'un bel orage suivi d'un super coucher de soleil arc en ciel.
On passe la soirée avec Romain qui est parti il y a 2 mois de Santiago du Chili, il a fait notre futur parcours en sens nord-sud.
Bilan, on prend tout plein d'informations sur les étapes et cela semble nous conforter qu'on vient de passer le plus difficile au niveau de l'autonomie alimentaire.
Après une bonne nuit nous repartons plein sud. Les paysages commencent à changer, les montagnes apparaissent et s'approchent au fur et à mesure des km.
Enfin voilà Tolhuin, seule ville entre Rio Grande et Ushuaia. Une ville tous les 100km, voilà pour donner une idée du territoire. A l'entrée de Tolhuin, une pancarte sur une ferme indique "se vende verduras y dulces". Notre estomac décide pour nous et nous recontrons une petite mamie qui nous dit que même en Janvier il n'avait pas fait si chaud ! Elle nous amène alors jusqu'à sa serre et nous cueille carottes, betteraves, salade, radis et navet !!
On rentre dans sa maison pour voir ce que sont ces dulces et un déçus on s'aperçoit que c'est de la confiture maison. Elle nous fait goûter et c'est tellement bon qu'on repart avec 2 confitures, 1 de groseille et 1 de rhubarbe.
Tolhuin dans le monde du cyclo est mondialement connu pour sa boulangerie, une institution, le propriétaire acceuille en effet tous les cyclos du monde entier et leur a même dédié un espace avec 3 lits, douche et... WIFI! On restera 3h au chaud, et l'on rencontrera une quinzaine de cyclos qui viennent tous de plus loin que nous ! Il y a un Brésilien avec un vélo équipé de saccoches en bidon de pêcheur qui doit peser 30kg à vide... On bivouaquera avec Romain près du lac Fagnano dans une clairière à l'abri du vent.
Le lendemain, nous repartons pour la dernière étape avant Ushuaia. Cette fois, ça fait beaucoup plus montagne, le lac Escondido est superbe et nous nous arrêtons pique niquer au belvédère.
Peu de temps après, 2 bus remplis de crosiéristes retraités s'arrêtent et nous devenons l'attraction de leur pause. Un papi tente de soulever nos vélos sans réussite. Il fera appel au jeune guide du bus pour enfin décoller les roues.
Nous repartons, passons le col Garibaldi et traversons une vallée magnifique, ou se situent les stations de sport d'hiver.
Enfin, voilà Ushuaia !
C'est une ville en bord de mer et entourée de montagnes. C'est joli même si très touristique car porte de l'Antarctique et des croisières en Patagonie. Du coup, face à une clientèle fortunée (Antartique 10j=7000e/personne sans l'avion), les tarifs s'envolent un peu mais restent quand même raisonnables.
Depuis 2 jours, nous sommes dans le parc national et nous avons pu faire quelques randonnées dont celle du cerro Guanaco qui culmine à 973m avec une vue splendide sur Ushuaia, le parc national et le canal de Beagle.
Après cette rando, baignade rapide et vivifiante dans le lac à 10c. Ce matin, il a plu au niveau du camping et neigé à peine 300m au dessus. La baignade se fera attendre.
Les 2 jours qui suivent, nous ferons des petites randonnées avec les Français rencontrés en route. Romain, bien sûr,
mais aussi Elsa et Nicolas qui voyagent en tandem depuis El Calafate en tandem Pino (1 assis et 1 couché).
Demain, nous retournons à notre point de départ mais cette fois ci en bus. Première étape achevée avec plein de rencontres et une saccoche de souvenir. Maintenant c'est Cap au Nord !!