Après 3 nuits à Punta Arenas, nous quittons notre hôte Silene et tentons de prendre le bâteau pour Porvenir sur la grande île de Tierra del Fuego. Hasard du calendrier c'est le grand concours annuel du meilleur bbq de mouton. C'est l'événement en Patagonie et évidemment il n'y a plus de places disponibles sur la bâteau avant le lendemain. La dame nous fait comprendre plusieurs fois que ce n'est pas la peine d'attendre. On achète nos billets pour le lendemain mais on se met quand même dans la file. Coup de bol, il reste encore des places sur le bâteau et nous voilà les passagers de dernière minute !
Derniers entrés, premiers sortis à Porvenir, ou l'on fera les courses pour 2 jours. Nous pensons nous ravitailler à Puerto Nuevo à 100km. En attendant, nous cherchons El Gran Asadero de Cordero.
Le site est un stade de concours de lasso avec une scène de concert ou un groupe Latino met l'ambiance en chantant "tenemos sed, sed, sed". On ne passe pas inaperçu avec nos montures et un Ushuaien venu participer au concours nous fait goûter la viande. Trop bon, fondante et juteuse !
On fait un tour parmi les stands des exposants et on trouvera du pain complet et des sandwichs végétariens (étrange pour la fête de la viande).
Nous quittons les fêtards sur la remise des prix et nous finissons la journée par 30km de vélo. On découvre le fameux ripio, une piste poussiéreuse, avec vent de face, de côté, des parties sabloneuses, d'autres de gravillon, en forme de tôle ondulée, des virages inclinés dans lesquels les vélos semblent attirés.
Les paysages de pampa sont magnifiques, immenses de solitude, les lamas locaux sont nombreux, les renards aussi, il y a des oiseaux au long bec et on voit le détroit de Magellan. Les gens nous saluent en nous doublant et nous laissant un nuage de poussière. Nous sommes baptisés !
Nous établissons le campement en bord de piste à l'abri d'un talus qui nous protège du vent et de la poussière. Ce soir, repas froid et tisane chaude.
Le lendemain après une bonne nuit, nous remontons sur nos vélos à 9h. A midi nous n'avons que 25km au compteur. Le vent, la piste, la poussière, le ripio quoi, on savait que ça serait dur mais là quand même...
On pense se ravitailler au prochain village indiqué sur la carte mais grande déception un automobiliste nous informe qu'il n'y a rien à part de la pampa avant la frontière à 85km... Pouahh.
Pas manger ok, pas boire, pas ok. 5 minutes plus tard, un couple d'allemand nous offre une bouteille d'eau ! C'est le début de la chance, le vent devient favorable, le ripio s'améliore et 4x4 de touristes nous offre 2 oranges par la fenêtre. Nous nous faisons offrir de l'eau encore une fois par des locaux Ushuaiens et nous la partageons avec 2 backpackers français depuis 4h au soleil sur la piste. Nous les laissons pour aller voir la réserve de Pingüinos Rey à 15km. Ripio pourri, vent de face, poussière, 1h30. Nous arrivons 30 minutes avant la fermeture. Nous voilà récompensé d'autant que le lendemain c'est fermé. Nous repartons avec 2 bouteilles d'eau offertes, 2 paquets de gaufrettes saveur vanille et 2 pin's de Pingouins. Aujourd'hui nous avons reçu plus que donner ! Sur les conseils de gens de la réserve nous dormons à l'abri du vent près d'un refuge de voyageurs. Comme chaque soir, on ressert tous les boulons et vis mis à rude épreuve sur les vélos. Les saccoches sautent plusieurs fois par jour à cause des vibrations.
Une nouvelle nuit réparatrice plus tard, nous rebroussons chemin direction El paso San Sebastián frontière avec l'Argentine. Rebelote, les 15kms de ripio...
Mais enfin "el asfalto", ca roule tout seul. Nos fesses remercie ce revêtement si doux.
Nous apprenons par un cyclo Italien que nous ne trouverons pas de ravitaillement avant Rio Grande à 150km... Mince alors au moins 1 jour et demi de vélo ...
Du coup, on était trop content quand on a vu "el kiosko" à la frontière qui indiquait menu du jour, hamburgers, boissons, etc...
On se prend le menu plus 2 burgers pour le soir. On pourra pas dépenser une goutte d'eau à faire cuire du riz ou des pâtes.
A la frontière Argentine, nous nous faisons offrir de l'eau par le douanier. Il fait anormalement chaud pour la Patagonie. 2 jours maintenant au dessus de 25c.
Nous commençons la descente vers le sud de l'argentine et le vent aidant, nous voilà à 25km/h de moyenne. On croise 2 autres cyclos en sens inverse partis le matin et n'ayant parcouru que 60km... Allez courage ... Pour nous, le choix est fait, ce soir on prend une douche !
Sur la route, un lama local a peur de moi et traverse la route 10m devant moi juste quand une voiture arrive. Celle ci freine en klaxonnant, ouf accident évité !
Il est 21h, nous arrivons après 165km à la Posada El Gran Hogar, un hostal très familiale ou nous dégustons nos savoureux burgers en bonne compagnie.
Nous dormirons sur le côté, les fesses commençant à se plaindre !
Aujourd'hui on reprend la route après un bon Maté Argentin offert par la gérante qui est aussi prof de Tango et à qui Nico ne demandera pas de cours...