Qui dit Nazca dit géoglyphes et qui dit géoglyphes dit avion. Bien qu'un peu cher, nous choisissons d'aller survoler les fameuses formes d'animaux dessinées par l'ancien peuple Nazca afin de s'attirer les faveurs des dieux. Vue du sol, on ne voit rien, mais depuis le ciel c'est tout autre chose. Nous prenons donc place dans un petit avion 12 places pour un vol de 30min.
On nous explique que l'on survolera 2 fois chaque dessin et ce, en penchant l'avion à gauche puis à droite, afin que chacun puisse profiter du spectacle par son hublot.
30 min, ça nous paraît drôlement court au vu du tarif mais au bout de 4/5 figures et le double de virages à 60 degrés, notre estomac vide nous rappelle à l'ordre.
On a dès lors plus qu'une seule idée en tête, retourner à la terre ferme. Raquel laissera l'appareil photo de côté pour se concentrer sur le sac à vomi qui heureusement restera vide. Il faudra une bonne heure supplémentaire pour en finir avec les nausées.
Nous visitons aussi le cimetière de Chauchilla au milieu du désert où des momies plutôt bien conservées gisent au fond des trous sans protection contre les éléments extérieurs.
Nous sommes bien loin du musée de haute montagne de Salta où les momies étaient conservées à très basse température. Ce cimetière a longtemps été la proie de pilleurs de tombes. Parmis les momies, il y a des bébés, parfois sacrifiés pour obtenir là aussi les faveurs des dieux. Les corps ont été vidés de leurs organes et remplis de coton.
Dans notre hostal, nous rencontrons 2 Toulousains, Virginie et François, venus passer quelques semaines de vacances au Pérou. Nous passerons la soirée avec eux.
Le lendemain, eux vont faire une excursion géoglyphes et pétroglyphes mais depuis la terre ferme. Il y a en effet, des miradors permettant de gagner une dizaine de mètres et d'observer quelques unes de ces figures.
Quand à nous, nous reprenons la route, cette fois sur la Panaméricaine, sous le soleil et dans le désert. On a peu de trafic routier. C'est certainement dû au fait que plus au sud, à Arequipa, la population fait une grève, bloquant la route, afin d'empêcher le projet minier Tia Maria. En effet, les mines des alentours génèrent de forts impacts écologiques contaminant l'eau potable. Ceci est un problème récurrent au Pérou.
Nous avançons sur notre ruban asphalté au milieu du désert. Au dessus de nous, passent les avions et nous sommes bien contents d'être sur nos vélos plutôt qu'à se faire secouer.
Nous passons le premier mirador qui jouxte la Panaméricaine. Il y a une bonne vingtaine de personne qui font la queue pour apercevoir la main et l'arbre.
Une trentaine de kms après notre départ, nous retrouvons Virginie et François garés au bord de la route avec leur guide. Ils nous avaient doublé dans la matinée et nous attendaient pour nous saluer. Une dernière photo, un dernier aurevoir et nous revoilà répartis.
Une descente nous fait passer du désert à une vallée fertile.
Il en sera ainsi plusieurs fois dans la journée. Le contraste est saisissant et une nouvelle fois, le dicton "l'eau, c'est la vie" prend tout son sens. Pour la première fois, on verra des champs de coton.
Voilà enfin la montée du jour en pleine cagne pour contourner un tunnel dangereux pour les vélos. On y aura chaud, très chaud. On se souvient du Russe à vélo croisé il y a quelques semaines et qui nous disait qu'il faisait très chaud sur la côte.
Nous pique niquons au dernier village car avant 70km nous ne trouverons pas de civilisation. On y achète aussi 5l d'eau car ce soir, on devra dormir dans le désert.
Nous reprenons la route et croisons un groupe d'une quinzaine de cyclotouristes habillés avec la même tenue. On n'en saura pas plus, car nez dans le guidon et tant concentrés sur la roue de celui de devant, ils ne nous aperçoivent même pas. Seul le dernier, quelques centaines de mètres à la traine nous saluera.
L'ambiance désert est particulière. Les bas côtés sont jonchés de déchets plastiques jusqu'à au moins 100m de chaque côté. Où va t'on va camper. De plus, les abords sont clôturés et je me demande bien pourquoi. Qui peut cultiver quelque chose dans une dune. Même du bétail, c'est impossible sans eau.
Un vent latéral se lève, assez fort pour rendre impossible le plantage d'une tente. Bientôt, notre route, fait un virage à 90 degrés et nous voilà vent dans le dos. Un vent puissant qui fait voltiger le sable au milieu de la route, mais surtout, on se croit sur des mobylettes et arrivont à la ville avant la nuit.
Nous dînons dans un de ces bouibouis que nous affectionnons tant, à discuter avec nos voisins de table qui travaillent sur le chantier de la prison. Un gâteau à la courge sera notre dessert surprise.
Aujourd'hui, petite étape, nous allons jusqu'à Huacachina, une oasis touristique à quelques kilomètres. Cette ville oasis est un des inratables du coin.
Les activités sont le sandboarding, le buggie et le farniente. On trouve à y dormir dans le camping avec piscine où seul Nico osera se baigner.
Nous prenons de la hauteur en grimpant une dune et au sommet nous retrouvons par hasard le couple d'allemands que nous avions rencontrés dans la jungle bolivienne 3 semaines avant.
Eux, ont loué un sandboard et nous proposent d'essayer. Ça sera en mode luge que nous glissons et finissons en mode panure à cause du sable qui se colle à la crème solaire.
La moitié de la dune dans chaque chaussure.
Le lendemain, nous roulons jusqu'à Paracas, petite station balnéaire dans le parc national du même nom.
Il y a une forte présence policière en ce moment car ce sont les jeux Panamericains de Lima 2019 et c'est ici que se déroulent les épreuves nautiques. Nous n'en verrons aucune, celles ci ayant lieu au large. Nous, on vient surtout pour voir les iles Ballestas. Nous prenons donc un bateau, passons devant le candélabre, dessiné par le peuple Paracas dans un style différent des Nazcas mais tout aussi impressionnant.
20min plus tard, nous arrivons aux îles. Celles ci sont habitées par un nombre incroyable d'oiseaux et de pingouins, mais la star incontestée ici, ce sont les loups de mer.
Nous reprenons la route, cette fois sous un ciel gris qui ne nous quittera plus. Nous sommes sur la Panaméricaine, la 2x2 voies, artère principale du pays et aujourd'hui nous ne sommes pas les seuls vélos. Non, en ce dimanche, il y a une compétition de cyclisme sur l'autoroute, mêlant vtt et vélo de route, des ados et des adultes, tout ça au milieu du trafic. Et alors que nous circulons sur la bande d'arrêt d'urgence, eux n'hésitent pas à rouler sur le voie de droite.
Nous longeons des lotissements en construction dans le désert au bord d'autoroute. Ils sont plus ou moins avancés et toujours dans une enceinte de protection. Ca fait ville fantôme abandonnée en l'état et il y en a plein. Que s'est il passé ?
La nuit tombe et nous n'avons d'autres choix que de camper derrière des maisons de fortune hors de vue de l'autoroute, au milieu du désert.
Ce matin, un petit crachin qui nous accompagne. Ciel gris, désert sale, villages fantômes, et puis plein de marchands de glaces à la suite les uns des autres.
Et tous vendent la même marque de glace, la glace venue d'un autre monde. Le lucuma, un fruit originaire de la jungle, est la star des parfums. Encore une fois, on ne comprend pas comment ils se démarquent de la concurrence. Ils sont tous là au bord de la route à secouer un sac plastique jaune... Ce soir là, nous dormirons dans une petite chambre au parfum urine de chat dans un hostal de surfeurs.
Nous sommes à 20km de Lima et on se demande comment l'on va faire pour traverser ce cauchemar de ville. Ça nous prendra un jour et demie, un demi poumon et une bonne dose de stress. Seule la partie côtière était équipée d'une vraie bande cyclable et avait bénéficié d'un travail de nettoyage au raison des Jeux Paraméricains Lima 2019.
Ce soir, cerise sur le gâteau, nous tomberons dans un hôtel un peu étrange.
Premièrement, la réceptionniste nous demande combien d'heures on va rester et dans la chambre il y a un grand miroir en face du lit...love hôtel?? Le slogan de l'hôtel : "propreté et discrétion assurées".
Enfin, nous sortirons de Lima et son trafic très dense.
Petit forme pour Raquel qui est barbouillée après ces deux jours dans la capitale.
Objectif de la journée, arriver à la ville côtière et station balnéaire de Chancay. Le paysage désertique et sableux se transforme en dune verte là où les nuages s'arrêtent. C'est impressionnant de voir comment la végétation se satisfait de peu.
Aujourd'hui c'est Nico qui n'est pas bien, son ventre et le dos le font souffrir.
Nous arriverons tout de même à Barranca où nous nous imposons un jour de repos près de la mer. Nico fera son premier ciné en espagnol pour voir "el rey león".
Parait que c'est le petit frère de celui de Rio
Nous croiserons de nouveau la petite famille en camping car que nous avions croisé dans la cordillère.
Kilómetros de felicidad (facebook / Instagram)
Le lendemain, l'appétit revient mais le dos continue à l'embêter vraiment. On prend le risque de commencer à remonter vers la cordillère mais trente kilomètres après, ce n'est plus possible. Il faut retourner à la case départ. Cette fois ci, un love hôtel avec voisins bruyants.
Sachant qu'il faudra au minimum une semaine de repos, nous choisissons une ville sympa pour y rester. Huaraz, capitale de la cordillère blanche, sera notre destination après trois heures de minibus. Raquel chargera les vélos sur le toit avec l'aide du chauffeur qui même bras levés atteint difficilement la portière.
Nous payons un supplément au vu des nombreux bagages et des vélos. Notre minibus est loin d'être rempli mais on part quand même. Fausse joie, en fait, on s'arrêtera près de 2h à 8km du départ à attendre d'éventuels passagers. Nico ne trouve pas de position idéale et passe son temps à rentrer/sortir du véhicule. Enfin ! 2 autres passagers arrivent et nous pouvons enfin partir jusqu'à... La station essence et son gonfleur de pneu. Et oui ! Notre véhicule a une fuite sur le pneu arrière droit et nous ferons 7 regonflages avant Huaraz. Bonus musical durant le trajet où Nico regrette de comprendre les paroles. Un groupe de musique évangéliste pantecôtiste du coin... Tu m'as fais libre seigneur, je saute comme un agneau quand je te vois, tu m'as fais libre seigneur, aleluya, etc.... Durant 3h30.
A Huaraz, le chauffeur refuse de faire 400m de plus pour nous déposer à l'hostal. Il ne gagnera pas le prix de l'amabilité.
Nous sommes à Huaraz depuis le 18 août.
Nico, après visite médicale avec le traumatologue de la clinique San Pablo, a eu le droit à trois jours de piqûre et des médicaments pendant une semaine. Nous étions obligés d'aller dans un labo (3 soles la piqûre) car la clinique refusait d'injecter de produits ne venant pas de sa propre pharmacie, même s'ils étaient en rupture. La consultation ne coûte pas chère, par contre, on se demande qui peut bien acheter les médicaments à des prix autant élevés.
Raquel a pu faire une randonnée à la lagune Churup avec Noemi, une kiné belge super sympa rencontrée à l'hostal.
Elle fera aussi le trek de Santa Cruz. Les paysages sont magnifiques et son groupe était très sympathique. Ce sont des jeunes étudiants français en école d'ingénieur à Nantes qui ont fait un bénévolat pour fabriquer une serre dans une école. La guide, Gladys, est péruvienne et fait partie des rares femmes à faire ce métier. Elle nous apprendra plein de choses sur la faune et flore du coin, ainsi que de l'histoire de la région.
Le safety horse
Baignade entre 3 et 5 degrés
Après le trekking, on fera quelques petits restos ensemble pour goûter la gastronomie du lieu, pizza, resto indien et français, hihihi !
La meilleure pizza après celle de Naples !!
Nous profitons de notre halte pour faire réviser les vélos et changer la posture du vélo de Nico. On passera bien 5 fois au magasin car la ponctualité n'est pas leur fort. Nous y croisons une australienne partie seule du Guatemala direction Ushuaia et qui soutient ride2fightcancer.
Au programme des réparations : Nico, chaine, roulements roues avant et arrière à changer, pédales idem. Raquel, chaines et pastilles de freins.
A l'hostal, nous avons aussi un couple de cyclo français lescycloverts.com qui sont partis du Costa Rica direction Ushuaia. On espère les recroiser en France.
Autour de Huaraz, il y a de très beaux sites d'escalade. Lors une petite incursion à los Olivos, on rencontrera un groupe de locaux très chaleureux qui nous invitent à revenir le lendemain pour grimper avec eux. Ils nous prêtent les matos sauf les chaussons en 47 de Nico, que l'on louera dans une agence d'alpinisme. L'escalade est assez physique, des voies courtes avec quelques pas de bloc et un rocher assez abrasif.
On descendera en ville avec eux et ils nous amènerons à une sorte de bar à boissons médicinales très populaire. Les gens font la queue même jusqu'à la roue. Ma boisson au lin et maca était bouvable, par contre, le breuvage qui l'on a préparé à Nico pour son mal de dos avait l'odeur au vomi. Il a eu le courage de finir son grand verre! Congratulations!!
Aujourd'hui, mercredi 28 août, nous reprenons la route vers le Nord direction Cajamarca. La journée escalade nous a laissé quelques courbatures mais Nico se tient beaucoup mieux. Cette fois ci, on va tout faire pour éviter la Panaméricaine.
Six kilomètres après notre départ on se rend compte que l'on a oublié notre réchaud à essence à l'hostal... Mince ! Demi tour ! Arrivant devant la porte, Nico ne sent pas son dos à 100% et il commence à se tordre. Déçus mais réalistes, on décide de rester à Huaraz et peut-être faire un peu de randonnée car la marche lui fait du bien.
Après avoir déchargé nos vélos, on se rend au marché populaire et on se prend le menu du jour comme d'habitude. Nico est un peu barbouillé, le ventre gonflé et il n'a arrêté pas de roter des pickles (il dit qu'il fermente). Le jus ou l'omelette du bouiboui du marché, le breuvage horrible, le fromage qui a pris le chaud...? Après une mauvaise nuit, on décide d'aller à l'hôpital car Nico est très faible et souffre de crampes au ventre. On passe aux urgences où Nico sera perfusé car il est complètement deshydraté. Sérum fisiologique et médicament par voie veineuse plus analyses sanguine et fécale...
Après la perfusion et quelques heures de sieste, ça va déjà mieux.
Le lendemain, après avoir remangé, tentative de rando à la laguna de Antacocha dans la cordillère noire d'où l'on peut apprécier les nombreux sommets de la cordillère blanche. C'était trop tôt pour Nico qui fera demi tour à mi chemin.
Aujourd'hui, samedi 31 août, la forme revenant, on atteindra tous les deux la laguna de Wilcacocha.
On cherche désormais une date pour faire le trek de Huayhuash en 8 jours.