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Cuzco - Nazca

Dans notre hostal de Cuzco, tous les cyclos font de manière différente. Certains prendront le bus jusqu'à Nazca. D'autres, jusqu'à Huaraz. Dautres encore, profiteront un peu plus de Cuzco et de ses alentours avant de reprendre la route. Nous, nous avons décidé d'abréger notre pause car nous espérons une arrivée en Colombie avant fin novembre. Il nous reste encore 5000km et un dernier passage par la cordillère royale afin d'y faire un trek autour du Huascarán, le sommet du Pérou (6768m).
Nous repartons en ce samedi ( jour avec moins de traffic ?), mais nous ressentons comme à chaque sortie de ville, qu'il est plus difficile de respirer ici qu'à 4500m en raison des gazs d'échappement.
C'est d'autant plus vrai, qu'on a 400m de dénivelé en zigzagant entre les véhicules où chaque conducteur s'exprime à grand coup de klaxon.
Miracle, au sommet, tout se calme et nous trouvons un plateau agréable à rouler avec en fond de toile, les sommets enneigés.
Nous pique niquons dans la dernière ville avant de basculer de l'altiplano au fond de vallée quelques 2200m plus bas.
La descente est magnifique et nous croisons en chemin, les semi-remorques qui ravitaillent Cuzco depuis la côte.

Cuzco - Nazca

Cuzco - Nazca

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Ceux-ci seront notre file rouge dans les prochains jours. Au fur et à mesure de notre descente, la végétation change et se fait tropicale.

Cuzco - Nazca

Cuzco - Nazca

Le thermomètre grimpe tandis que latitude baisse et au point le plus bas (1700m), on crêve de chaud !

Cuzco - Nazca

D'ailleurs, le vélo de Nico aussi et on se fait une réparation expresse tout en se faisant bouffer par la polvorina (mini moucheron de rivière très vorace).

Cuzco - Nazca

Vite ! On profite de la dernière heure de jour pour attaquer la remontée et s'éloigner des bebettes. La nuit tombe, nous sommes dans un hameau et à tout hasard, on demande aux gens s'ils connaissent un endroit où dormir. La mami de la tienda, nous propose de camper dans le chantier de sa maison avec vue sur les avocatiers, manguiers, papayers et bananiers.

Cuzco - Nazca

Une fois installés, nous faisons connaissance avec les gens du village autour d'une bière et nous dînerons avec un entre eux dans un très bon restaurant routier. Une glace maison à la mangue et à la chirimoya sera notre dessert du soir, la spécialité des trois tiendas du hameau.
Si hier c'était 2000m de descente, aujourd'hui c'est de l'inverse, 2000m de montée nous attendent. Il nous faudra toute la journée pour parcourir ces 50 kms sous une chaleur écrasante.

Cuzco - Nazca

Cuzco - Nazca

Cuzco - Nazca

Cuzco - Nazca

Nous croisons Pierre, le cyclo québécois, en sense inverse, qui lui est bien couvert.
Nous nous arrêtons à Saywite, dernière communauté avant le col. Ici, il n'y a pas d'hostal mais il y a le Tambo, centre de services publiques. Ça tombe bien, le gardien va bientôt venir pour vous installer. Fête Nationale oblige, nous attendons une heure dans le froid de la nuit tombante, avant d'avoir accès à une douche plus que glaciale. On ne va pas se plaindre... C'est gratuit ! On posera tout de même pour la photo. En effet, nous sommes les premiers étrangers et cyclistes en plus, à demander à accéder aux logements.

Cuzco - Nazca

 
Il nous reste quelques kms avant le col et la descente de 30km vers Abancay.

Cuzco - Nazca

Une nouvelle fois, on passe de l'hiver à l'été.

Cuzco - Nazca

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 Abancay est une ville toute en pente, avec une route défoncée et moche de chez moche. On fuit le plus rapidement possible après un rapide passage au marché de la ville.
Nous voilà désormais devant un choix crucial, pe-3s ou pe-30 ? En gros, continuer à remonter la cordillère vers le Nord ou la traverser vers l'océan direction Nazca. La première option reprend le scénario des 2 derniers jours, à savoir, faire 100km pour n'avancer que de 30 vers le nord sur la carte. Tout cela évidement à grand renfort de dénivelé et 2000m à chaque montée descente. Les paysages devraient être à la hauteur de l'effort mais le passage par l'océan devrait nous apporter une autre variété d'environnements,  un parcours plus roulant et varier des spécialités culinaires de la montagne. Choix 2 adopté !
Du coup, selon maps.me, ça monte en pente douce puisqu'il faudra 140km pour remonter les 2500m de dénivelé et repasser à 4200m. C'est donc, par une température estivale que nous remontons tranquillement la rivière qui jouxte notre route.

Cuzco - Nazca

Cuzco - Nazca

Un petit pique nique en bord de rivière sans mouches qui piquent, quelques kms et nous voilà dans un camping où des familles profitent des jours de fêtes pour passer du temps "al campo". On attendra la tombée de la nuit et leur départ pour planter la tente. À notre grande déception et malgré le fait qu'on ai posé la question du menu du dîner, sans rien commander, arrivent 2 assiettes de riz, oeuf frit, frites, accompagnés d'un commentaire "désolé, y a plus rien d'autre". Raquel, pleine de diplomatie, indique au moment de payer que, si on avait su, on serait aller ailleurs mais que l'on est resté car on n'aime pas jeter la nourriture. Nico tentera de se consoler avec une petite glace au parfum orange. 

Il fait déjà bon au réveil ce matin. Nous partons rapidement et continuons à remonter la rivière en fond de vallée. La route est belle et nous passons de nombreux affluents qui alimentaient notre rivière.

Cuzco - Nazca

Nous croisons Diana une cyclo roumaine partie de Colombie il y a 6 mois, puis nos 2 premiers cyclos Péruviens partis de Lima pour Cuzco.

Cuzco - Nazca

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Le soir, nous arrivons à Chalhuanca où les prix des logements sont prohibitifs en raison de la fête. Nous passons par hasard devant un gérant d'hostal qui nous propose une très belle chambre à moitié prix car nous voyageons à vélo.
La nuit de repos n'est pas de trop car ce matin nous avons une trentaine de kms de faux plat à suivre notre rivière puis 13kms de la montée aux 7 virages qui nous amène de nouveau au dessus des 4000m. Nous croisons 3 cyclos polonais bien couverts car pour eux, c'est de la descente.

Cuzco - Nazca

Dans la montée, nous trouvons 2 camping-cars dont l'un est en panne. En discutant avec eux, nous apprenons qu'ils sont partis il y a 6 mois de Buenos Aires direction l'Alaska et qu'ils suivent les aventures de la famille Zapp.

Cuzco - Nazca

Nous arrivons au village du sommet pour l'heure du déjeuner et choisissons d'y rester pour bénéficier d'étapes avec logements possibles les jours suivants.

Cuzco - Nazca

Ce sera un choix très économique car déjeuner+diner+nuitée nous reviendra à 9e pour tous les deux.
Aujourd'hui 70km d'altiplano entre 4000 et 4500m. Les paysages sont semblables à ceux de la Bolivie ou de l'Argentine, de la steppe immense avec parfois à notre grand étonnement, des logements de pierres et de tôles où vit une famille d'éleveurs de moutons ou de lamas.

Cuzco - Nazca

Il y a toutes les générations et l'on imagine comme la vie y est dure.

Cuzco - Nazca

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En tout cas, bien trop pour nous désormais habitués au confort moderne. Il doit falloir y être né et ne pas avoir connu autre chose...
A Negro Mayo, notre étape du jour, nous découvrons le prix de l'isolement.

Cuzco - Nazca

Ici, dans cet hameau à 4400m, pas d'hostal mais toutefois une pièce avec un lit pour une personne. Cette pièce, chez nous, s'appellerait la cave à débarras, mais ici, ça devient une chambre d'appoint pour les voyageurs. Pour la propriétaire, il aura juste fallu secouer les draps utilisés par les précédents voyageurs pour déclarer le logement conforme à la charte qualité de l'établissement. Un ruisseau presque à sec ou une poubelle semble avoir été retournée sert de terrain de jeu aux enfants. Je ne vais pas décrire les latrines, mais l'on pense qu'on s'approche des conditions de vie en prison des pays pauvres. Et puis, nous sommes désormais à 75km de la première ville et pour la première fois, les tarifs sont 50% plus chers.
On dormira comme on peut mais on dormira sous un toit. Au vu des températures nocturnes qui gèlent tout durant la nuit, cela restait tout de même un choix de confort.

Nous sommes pressés de quitter ce lieu d'un autre temps. Nous avons depuis longtemps appris à modérer les informations routières des gens que nous croisons. Ainsi, savons nous que contrairement à ce qu'on nous a dit, cela ne va pas faire que descendre jusqu'à Puquio. Ceux qui disent ça, ne l'ont pas fait à vélo. Nous passerons près de lagunas dont la plus grande permet le développement de piscicultures puis, après une quarantaine de kms de parcours vallonné, nous attaquons la descente vers Puquio. Nous rencontrons une zone de travaux avec circulation alternée et les occupants de la voiture voisine nous offre 2 bons morceaux de fromage pour la route, moment bien apprécié par Nico. 

Cuzco - Nazca

Cuzco - Nazca

De nouveau, la steppe altiplanique laisse place à la verdure et aux cours d'eau. Cours d'eau où les gens viennent faire leur lessive. On imagine que ceux qui n'ont pas de véhicule pour aller suffisamment en amont n'ont pas besoin de mettre de lessive étant donné le nombre de personnes affairées. Et quid de l'eau potable ? En ce qui nous concerne, nous ne buvons plus que de l'eau en bouteille depuis que l'on sait qu'il y a souvent de la contamination aux métaux lourds. Puquio est une belle petite ville, avec l'agitation désormais habituelle autour du marché et qui nous plait tant. Ce soir, pour varier de l'éternel caldo de pollo suivi du poulet riz frites, nous décidons d'entrer dans un restaurant exotique pour le coin, un bar/pizzaria. Pas de pizzas aujourd'hui, le four est éteint. On n'y mangera pas mais nous y rencontrons tout de même Henry, jeune sportif péruvien de 29 ans qui souhaite nous accompagner le lendemain avec son vélo. Nous acceptons avec joie puis nous dînons dans un fast-food qui par bonheur propose aussi des plats péruviens plus variés aux notes asiatiques. D'après Raquel, c'est un bête resto chinois mais d'après Nico, voici enfin la cuisine fusion dont on nous avait vanté les mérites.
A 8h, pas d'Henry au rdv. Tant pis, nous partons car aujourd'hui c'est une étape difficile avec 1600m de dénivelé positif qui nous mèneront en 55km à 4200m mais où il n'y a rien. En fait, nous n'imaginons pas arriver jusque là. Après débutent les 97km de descente jusqu'à Nazca, 3600m plus bas.
Quelle est belle cette journée ! Qu'ils sont beaux les paysages !

Cuzco - Nazca

Cuzco - Nazca

  En plus, la montée n'est pas si difficile, très régulière et à faible pourcentage, c'est à 10km du sommet que Henry nous rattrape. Lui, sur son vélo de course aura mis 2h40 là où il nous aura fallu 4h20. Il accepte volontiers de se joindre à nous pour le pique nique. C'est un jeune entrepreneur qui possède son propre restaurant à Puquio et qui souhaite développer les activités touristiques et sportives dans sa ville natale. Il a organisé le premier trail marathon de Puquio et a participé à l'ultra trail des Pyrénées.
Comme nous avons avancé au delà de nos espérances, nous décidons de continuer pour basculer côté Pacifique. Une nouvelle fois, la descente n'est pas si nette et le petit vent de face nous l'annule pendant les premiers kms. Sur cette partie quasi déserte, une dame affairée avec lessives et une dizaine de jerricans auprès d'un ruisseau, nous demande de l'aide. Il s'agit de charger son lourd fardeau sur son tricycle-remorque. Les quelques centaines de kilos ne lui permettant pas de pédaler, elle tracte difficilement tout le chargement jusqu'à sa maison, 500m plus loin en montée.
Nous la laissons, pensifs quand à ses conditions de vie, elle qui souhaitait nous offrir un petit quelque chose pour nous remercier.
Ça y est, la vraie descente et dedans en sens inverse, un couple d'allemand, David et Johanna, partis la veille de Nazca, remontent courageusement les derniers kms.

Cuzco - Nazca

Tiens, moi qui disait précédemment que ceux qui disent que ça descend ne l'ont pas fait à vélo... Ben, même ceux qui l'ont fait à vélo t'induisent en erreur. Et dans notre descente, il y a bien 2 petites montées qui à cette heure tardive, ne sont pas les bienvenues. L'idée étant de descendre le plus bas possible pour échapper au froid.

Cuzco - Nazca

C'est à Huallhua (2400m) que l'on nous indiquera de camper dans la pampita. La nuit tombe et nous sommes affairés à monter la tente au milieu des crottes et bouses quand une mami bergère avec son troupeau, nous interpelle : "qu'est ce que vous faites ?"
<nous sommes cyclistes et comme il fait nuit, on monte la tente. On nous a dit de venir ici. >
Et en s'adressant à Raquel : "Viens m'aider à rentrer les bêtes dans l'enclos ! Crie leur vaca et chivo !!"
Et voilà Raquel en bergère derrière le troupeau.

Cuzco - Nazca

Nico se joint à la troupe et quand tout le troupeau est enfin parqué, doña Nieves en profite pour nous faire voir les petits chevreaux. La mission suivante est filée à Nico qui devra tenir une chèvre par la patte pour permettre aux agneaux de têter pendant qu'il se débat avec une autre chèvre qui tente de lui bouffer sa chaussette.

Cuzco - Nazca

On aura bien ri mais il est temps de finir de nous installer.
Le lendemain, pendant le petit déjeuner, doña Nieves viendra discuter avec nous. Elle, avec ses 60 ans, gère toute seule son troupeau car son mari est parti au village de ses parents. Ses filles sont loins, une en Espagne et l'autre en Argentine. Néanmoins, elle ne se sent pas de déménager: "j'ai peur de pas m'adapter loin de mon hameau de naissance et de me rendre malade à force de trop réfléchir... Au moins, ici, j'ai de quoi faire... En plus, j'ai de la peine pour ces pauvres bêtes". Elle a déjà été obligé à vendre quelques vaches pour pouvoir payer les frais de sa maison et manger. Elle vend du fromage de chèvre au marché de la ville de Nazca pour gagner quelques soles ou revend ceux de son frère. Sans eau potable ni électricité, elle préfère vivre là que quelques dizaines de kms plus bas, où la météo est plus clémente. On lui offrira quelques gâteaux secs, confiture, huile, tisanes et fruits qu'elle acceptera sans hésiter.

Cuzco - Nazca

Nous reprenons une nouvelle fois la route, cette fois avec une vue sur une dune énorme culminant à 2080m, le cerro Blanco.

Cuzco - Nazca

Cuzco - Nazca

Cuzco - Nazca

Une fois ce monstre de sable dépassé, nous arrivons à Nazca, ville au milieu du désert où l'on retrouve avec délice la chaleur et les ceviches.
Au programme de ces quelques jours de repos, visite du cimetière de Chauchilla et tour en avion pour voir les géoglyphes ou lignes de Nazca.

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A
Magnifique cette étape. Et voir ces dessins sur la pierre à Nazca...
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A
Que de rencontres et de paysages magnifiques
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L
Magnifique étape ! L'hospitalité des gens n'est plus à prouver !! Profitez bien
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