Ça y est, le voilà derrière son carton ! Mathieu est bien arrivé moyennant quelques frayeurs à Santiago.
Lui non plus n'était pas au courant du changement d'heure et a du passer par le circuit standard des passagers avec son gros carton alors qu'en France on lui avait dit qu'il n'aurait pas à s'en occuper.
On monte son vélo et on pique nique devant l'oeuvre d'art séchoir à linge de l'aéroport.
Premiers kms aisés et sous le soleil jusqu'à Puerto Varas, ville touristique en bord de lac. Premier bivouac sauvage à distance de la ville mais malheureusement aussi le lieu des rendez-vous galants et des dérapages des 4x4 sur la plage.
Nous ne trainerons pas dans la ville, nous contentant juste des courses et de l'achat des billets pour el cruce andino, notre prochaine destination.
On longe le lac, y pique niquons et rattrapons un peu la mauvaise nuit avec une sieste. On s'arrête à la dernière plage du bout du lac poue bivouaquer, cette fois ci, une réussite !
Nous avons choisi de passer une journée dans le parc national du volcan Osorno avant de prendre le bateau. Nous passons chez les gardes parcs qui nous annoncent une rando de 4h. Impeccable ! Il est déjà quasi 13h, c'est parfait, sauf qu'il nous faudra 6h de rando pluvieuse.
On campera discrètement à la sortie du village car ici dans le parc national, il n'y a pas le droit de dormir en dehors des structures autorisées (la seule qui reste est à 250 dollars la nuit).
On prend notre premier bateau qui nous emmène à Peulla. La météo au beau fixe nous fait oublier celle de la veille.
A Peulla, Mathieu découvre le ripio malo. Arrivé au pied de Tronador, les carabineros Chiliens nous disent que la montée est horrible, qu'il nous faudra au moins 3h à pousser le vélo et que les gendarmes Argentins ne nous laisseront pas dormir et qu'il vaut mieux camper ici au pied des 800m de dénivelé qui nous attendrons le lendemain... Bon, le spot camping est magnifique et nous profitons de la cueillette de mûres et de pommes de la journée pour se faire un bon kilo de confiote qui sera vite engloutie.
Départ matinal en tenant compte des avertissements des Chiliens. Au final, on se demande si l'un d'entre eux est déjà monté autrement qu'en voiture. On en aura pour moins de 2h sans jamais pousser.
Côté Argentin, nous arrivons à Puerto Frías où une partie du film "diarios de motocicleta" racontant la vie du Che a été tourné. Il y a d'ailleurs la Poderosa qui suffira à illuminer la journée de Raquel, ce film l'ayant marqué avant son bénévolat au Pérou en 2005.
Nouvelle traversée en bateau et 3kms de vélo jusqu'au dernier bateau. Entre temps, le guide d'un groupe prend le micro et explique en espagnol et anglais que nous voyageons avec 3 cyclistes partis d'Ushuaia. On se fera prendre plusieurs fois en photo.
Il nous reste à peine 1h de jour quand nous arrivons au port. Le temps de se trouver un nouveau campement, ce que nous faisons sur une plage sans trop savoir si c'est autorisé ou pas. 30min plus tard, la police arrive mais fausse alerte, seulement pour nous demander si on a vu une bagarre.
Il fait plus frais la nuit côté argentin mais au moins il n'y a pas de vent comme en terre de feu. Nous passons par San Carlos de Bariloche que l'on a présenté comme une ville touristique avec une rue de la bière et une autre du chocolat. On ne cédera ni à l'un ni à l'autre et on file en destination du Nord. Enfin, on file... Non, parceque ce c*****d de vent est de retour et pas qu'un peu. Et avec lui, sa copine la pluie.
C'est rageant d'autant qu'on a choisi la remontée par l'argentine en s'appuyant sur les prévisions météo. Du coup, nous voilà vent de face et trempés à 6km/h dans un parc national et à 20km du premier camping. Ça sent pas bon ! Au premier paso pour le Chili, on se casse d'ici dit Raquel. Mathieu, lui, a vu toutes les facettes de l'argentine en 24h. On avance péniblement quand on aperçoit une estancia à travers les arbres. Ni une, ni deux, on part demander asile. Le terrain est bien à l'abri du vent et on nous autorise à y camper après s'être assurer que l'on partait bien le lendemain.
On monte le campement puis notre bon samaritain revient nous proposer de l'eau chaude. Un second, passe et nous invite à nous réchauffer. Les deux sont employés de l'estancia, Rafael s'occupe des animaux et Javier est l'ingénieur agricole. Finalement, après quelques verres de vin rouge, ils nous offrent la douche chaude, la possibilité de sécher nos habits trempés et... nous invitent à manger avec eux. Ca sera poulet roti pommes de terres et oignons au four à bois ! Un très bon moment de convivialité !
Rafael et Javier doivent partir tôt le lendemain mais ils nous laissent la maison ouverte pour prendre le petit déjeuner, c'est le genre de geste qui comptent dans notre situation !
La météo ne s'est pas franchement arrangée mais nous permet toutefois d'atteindre Villa la Angostura ou nous nous refugions pour deux nuits dans un appartement. Au menu, aligot, ragoût de poulet pour 12 personnes et pain en quantité équivalente...