Nous sommes le 10 Mars et nous trouvons enfin de l'internet pour publier. Voici donc un peu de nouvelles plus ou moins fraîches.
1er Mars : 3 jours passés à El Chalten à randonner, prendre notre première glace en Patagonie et se reposer un peu. Petite coupe de cheveux pour moi chez Raquel coiffure qui me dégagera les oreilles :-)
Cette nouvelle étape va nous faire traverser un parc national, deux lacs et une frontière. Depuis le début on nous parle de cette section, un magnifique bivouac au bord du Lago del Desierto et sa vue sur le Fitz Roy, du ripio pourri et la cerise sur le gâteau, les fameux 6 derniers kms du sentier de randonnée avant la frontière chilienne.
C'est donc avec un peu d'appréhension mais remplis d'enthousiasme que nous nous lançons sous un ciel estival. Le ripio est conforme à ce que l'on nous avait annoncé, mais les paysages sont tellement grandioses qu'on oublie nos fesses et notre dos pour laisser les yeux en profiter.
Après ces 37km poussiéreux, nous arrivons au Lago del Desierto ou nous attendons notre premier bateau en pique niquant.
Un bateau ? Pourquoi un bateau alors qu'il y a un chemin de rando d'à peine 12km qui longe le lac ?? Surtout que le bateau est très cher (1600pesos/personne)... A titre de comparaison le camping nous coûte 150pesos/personne. Bon, ben y en a qui ont essayé, des Cyclos en ultra légers qui ont mis 2 jours épuisants... Des troncs d'arbres, de grosses marches, bref, rien de vraiment compatible avec nos vélos saccoches. On cède donc et nous voilà voguant avec nos vélos durant une bonne heure au milieu des montagnes, cascades et glacier sur une eau turquoise.
Nous débarquons nos montures et allons nous présenter à la gendarmerie qui nous indique la zone de campement, en effet topisime malgré les nuages qui s'accumulent de plus en plus annonçant un lendemain pluvieux. Nous allons même nous laver à l'eau de glacier... Aglagla !
Le lendemain, nous pointons la sortie du territoire argentin auprès des gendarmes et nous attaquons la montée au col en même temps que plusieurs couples de randonneurs. Ceux-ci nous doublent rapidement et nous voilà à pousser nos vélos encombrants sur les racines, les marches, les pierres, les ruisseaux, son eau et sa boue.
Un beau parcours pour une course nature, mais dans notre cas, c'est une épreuve de force. Il faut soulever sans cesse, pousser un vélo à deux puis redescendre monter le second. Inutile de préciser que l'on a pas eu froid malgré la pluie.
3h plus tard, ça y est ! Enfin, la frontière ! Et du côté Chilien, c'est une piste ! Tout boueux et trempés, on parcours les 15km restants en croisant une flopée de cyclos qui eux se débattent avec une montée à très fort pourcentage. Même pour nous, cette descente n'est pas de tout repos. On en arrive à se demander quel sens est le plus horrible. On rigolera tout de même en voyant un cyclo avec remorque en l'imaginant dans les six kms de rando.
La frontière avec le Chili. Pas le droit de traverser de légumes, ni de fruits, ni de fromage !
On ouvre les saccoches et on mange tout. Pour une fois qu'on trouvait du vrai fromage qui a du goût ....
L'estomac bien rempli et avec quelques heures d'avance avant notre prochain bateau, nous profitons pour nettoyer vélos et saccoches à l'eau douce du lac.
Nouveau bateau, nouvelle traversée, cette fois ci 3h30 sur le lac O'higgins bien agité.
Nous arrivons de nuit et nous parcourons les 7 premiers km de ripio de la Carretera Austral avec frontale sur la tête. Pour nous, dans le mois qui suit, il y en aura 1240 de plus jusqu'à Puerto Montt, plus les éventuels détours. Carretera_Austral